je peins depuis…? J’avais 13, 14 ou 15 ans. J’ai présenté lors d’une rétrospective, une gouache datée de 1957, une autre probablement de l’année suivante, une huile de 1960 (j’avais alors 19 ans).
Marié trés jeune , je dû rapidement gagner ma vie pour notre famille et je peignais rarement, un peu tout de même durant mon service militaire où je fus surpris de rencontrer des élèves des Beaux-Arts (ou prétendus tels) qui n’en savaient guère plus que moi.
Je me remis sérieusement à peindre en 1966. puis je fis une rencontre déterminante l’année suivante à Saint Patrice. Moi qui n’écoute les conseils de personne, je sus tout de suite que cet homme agé qui me critiqua sévèrement au début allait m’éclairer.Il m’envoya apprendre le dessin à l’Ecole des Beaux Arts à Tours en auditeur libre. Je fus un élève assidu, volontaire et appliqué. Plus tard je fis de la copie seul (Ruysdael,Corot, Léonard de Vinci, Raphael, Lenain,Van Goyen, Turner, Goya, Le Titien,etc…)
Mon vieil ami m’avait donné un conseil utile: ” n’exposez jamais une peinture que vous regrettriez plus tard d’avoir montrer” . Aussi je fus long à faire voir mon travail. Tant que je ne me sentis pas suffisament formé je restais à apprendre. En 1975, enfin j’obtins un prix dans un Salon. En 1979 à ma première présentation je fus sélectionné au Salon des Artistes Français au Grand Palais, j’étais heureux mais je me sentais bien petit par rapport à certains peintres de notoriété. En 1985 j’obtins la médaille de bronze et devins Sociétaire en 1986. Je devais rester Sociétaire jusqu’en 2004, date à laquelle, fatigué des voyages à Paris j’abandonnais, pourtant les paysagistes français me décernèrent cette même année leur prix national.
J’avais eu parallèlement un autre métier jusqu’en 1996 où, aprés des décennies d’attente , je pus me consacrer entièrement à ma passion.
En 1994 j’avais ouvert le week-end mon atelier au public et alors je pouvais tout!
Aujourd’hui , je continue à apprendre, sereinement , mais en sachant que je sais bien peu de chose malgré mes recherches mes voyages plus qu’annuels au Louvre . Ce qui me désole c’est que bien des peintres en savent encore moins que moi, malgré ce qu’ils croient ou ce qu’ils affirment parfois.Il suffit de comparer et d’essayer de comprendre les compétences des peintres de la renaissance, puis des 17e,18e et 19e siècles, pour comprendre notre ignorance.
Au nom de la spontanéité on fait fi du savoir qui est devenu ringard, ce qui fait le bonheur des critiques, des médias, des politiques et des snobs ignares et prétentieux.On voit toutes sortes de folies de la mode inconstante,des tentatives avortées d’apprentis sacrés peintres avant d’avoir appris les rudiments. On veut limiter l’art à son essence intellectuelle, pourtant on ne peint ni avec de l’idéal, ni avec du brouillard pseudo intellectuel mais avec des pigments agglutinés.
Avant d’être artiste il faut être artisan.
Je crains que les générations futures s’amusent de ces pseudos connaisseurs et des “valeurs”qu’ils soutiennent. A moins que la spéculation ne s’empare du sujet, il ne s’agit alors plus là d’art. On le voit aujourd’hui avec la FIAC: même la presse parle des difficultés de la spéculation dues à la crise économique. Quel aveu!
L’art,qui dépend de la spéculation, n’a pourtant rien à voir avec le fric…et pourtant…
Et pourtant… il ne s’agit pas d’avoir du talent mais de le faire croire, et avoir le vocabulaire abscons capable de séduire les ignorants béats d’admiration ( et on en entend de belles et de toutes sortes et en quantité) . L’inculture est générale et en particulier dans le monde de la finance.
APRES LE SAVOIR VIENDRA PEUT-ETRE LE TALENT.
Il est remarquable que ce qui étaient les Beaux-Arts soient devenus les Arts Plastiques. Désolé mais j’aime ce qui est beau, et ma recherche reste esthétique, je me sens mieux dans le beau, je suis comme ça.(et chaque fois que l’on me parle d’arts plastiques , je pense plasturgie.hi hi!)
Que j’aime admirer un matin de septembre sur la Loire, d’où on revient transformé, sublimé, la tête dérangée, mais combien comblé. Et octobre en forêt reste toujours un éblouissement. Lorsqu’alors je rentre chez moi je plains sincèrement ceux qui ne connaissent pas ces bonheurs si simples et pourtant si forts (les plasticiens , les installateurs, et sutout ceux qui les soutiennent et qui ignorent ce qu’ils ratent). C’est alors que certains doivent me juger peut-être comme un réac, s’ils savaient…Mais pourquoi chercher à comprendre alors que la mode sert de guide et les snobs de modèle !
Bien sûr je ne detiens pas la seule vérité mais mon expérience, ma réflexion sur le sujet me permettent de présenter quelques arguments dérangeants face à l’intelligentsia actuelle.
Je reste en marge des modes et bien tant mieux! et comme disait sacha guitry (peut-être):
LA MODE C’EST CE QUI SE DEMODE
Pourtant, malgré les apparences, je suis pris parfois de doutes douloureux,alors je m’abrutis de travail pour oublier le doute…
Le peu que je sache aujourd’hui je le dois pour une grande part à Kleber Chapet (sans oublié sa délicieuse épouse) qui m’a ouvert les yeux, et pour un peintre ce n’est pas rien. Paix à ces gens qui furent exceptionnels pour moi.